Avis Roland V-600UHD : Test du Mixeur Vidéo 4K Compact
Le Roland V-600UHD est un mélangeur vidéo compact conçu pour les productions en direct, les émissions web, les conférences et les installations fixes. Avec sa capacité à gérer des flux 4K UHD et sa polyvalence, il se positionne comme un outil intéressant pour les professionnels cherchant une solution tout-en-un.
Caractéristiques principales
- Mélangeur vidéo 4K UHD compact avec 6 entrées HDMI et 2 entrées HDBaseT.
- Sorties multiples : 2 sorties HDMI, 1 sortie HDBaseT et 1 sortie SDI.
- Fonctions de traitement vidéo intégrées : PIP (Picture-in-Picture), PGM/PST, transitions, effets.
- Contrôle via interface tactile ou logiciel dédié.
- Connectivité réseau pour le contrôle et la diffusion en streaming.
Avantages
- Format compact : Idéal pour les setups mobiles ou les espaces restreints.
- Polyvalence des entrées : Combinaison pratique d’HDMI et d’HDBaseT.
- Prix compétitif : Une entrée de gamme attractive pour la 4K.
- Prise en main rapide : Interface relativement intuitive pour les basiques.
Limites
- Connectivité SDI limitée : Absence d’entrées SDI natives (nécessite des convertisseurs).
- Ressources de traitement : Nombre limité de couches et d’effets simultanés.
- Robustesse : Construction principalement en plastique, à manipuler avec précaution en tournée.
- Évolutivité : Pas de possibilité d’extension majeure du nombre de sources.
Conclusion du test
Le Roland V-600UHD est une solution compacte et économique pour entrer dans le mixage vidéo 4K. Il convient parfaitement aux petites productions, aux conférences, aux églises ou aux diffuseurs web. Son manque d’entrées SDI et ses limites en traitement le rendent moins adapté aux productions broadcast ou événementielles lourdes. Un bon choix pour un budget serré, en connaissant ses contraintes.

Retour terrain : cas d’usage réels
En tournée / festival
- Transport et chocs : Le boîtier plastique ne pardonne pas. En fly-case blindé obligatoire, sinon les connectiques HDMI lâchent. Pas conçu pour les camions partagés.
- Conditions extérieures : À éviter sous la pluie fine ou dans la poussière épaisse (type Hellfest). La ventilation est basique, surchauffe possible en plein soleil derrière la régie.
- Soundcheck rapide : Son setup est vite fait si toutes les sources sont en HDMI. Dès qu’il faut intégrer une caméra SDI, c’est la galère des convertisseurs et des câbles supplémentaires.
- Changement de plateau : Le recall de scènes est basique mais fait le job pour sauvegarder des setups simples (PIP, fondus). Pas de sauvegarde/recall des réglages de couleur ou de détail des caméras.
En studio / post-production
- Latence : Très faible pour du direct, c’est son point fort. Par contre, en intégration dans une boucle avec un switcher broadcast ou un système ATEM, bien vérifier le genlock et les délais.
- Routing complexe : Il n’est pas fait pour ça. Le routing est simple, linéaire. Oublie les cleanswitches ou les multividéos complexes. C’est un petit mixer, pas un centre de routing.
- Recall : Les scènes sauvegardent l’essentiel (sources PGM/PST, transitions). Parfait pour un studio YouTube qui alterne entre 2-3 setups récurrents.
- Intégration DAW : Nulle. C’est un pur hardware vidéo. Pour le son, tu passes par ailleurs. Pas de contrôle MIDI ou de protocole avancé pour piloter depuis Premiere Pro ou vMix.
En broadcast / corporate
- Redondance : Aucune. Une seule alimentation, pas de possibilité de PSU double. En corporate « critique », c’est un point de défaillance unique inacceptable.
- Dante/AES67 : Rien de tout ça. L’audio est embarqué sur les flux HDMI/HDBaseT ou via les entrées mini-jack. Pour un vrai workflow broadcast audio/vidéo séparés, il faut tout re-synchroniser derrière.
- Automation : Très limitée. Pas de protocole de contrôle type Ember+ ou Companion avancé. Le contrôle par IP est basique (start/stop de stream).
- Talkback : Oublie. Pas d’entrée dédiée, pas de système intégré. Il faut une solution audio externe complète pour communiquer avec les caméras.

Notre avis sur la Roland V-600UHD, une console de mixage vidéo conçue pour les environnements professionnels.
Verdict pro : à qui c’est destiné ?
Profils cibles
- L’intermittent polyvalent (vidéaste-son) : Pour des mariages, des petites conférences, des captations d’orchestre en local. Simple, portable, ça fait le job 4K pour un client final.
- Le responsable technique de petite/moyenne association (église, école, petite salle) : Pour un système fixe simple à maintenir, avec des bénévoles. L’interface tactile est plus simple qu’un switcher à boutons.
- Le studio de production web / YouTube : Pour alterner entre plusieurs caméras, un fond vert et des sources PC proprement. Le prix est imbattable pour de la 4K.
- Le directeur technique en complément : Comme switcher de secours, ou pour gérer un flux annexe (retours scène, streaming déporté) dans une plus grande installation.
- L’ingénieur du son FOH qui doit aussi gérer la vidéo : Quand la prod veut un fond d’écran ou un simple mix caméra sans budget vidéo dédié. C’est moins effrayant qu’un vrai switcher.
Qui devrait passer son tour
- Le régisseur vidéo broadcast ou gros événement : Le manque de SDI natif, de redondance et de contrôle pro est rédhibitoire. Regarde du côté d’ATEM, Blackmagic ou Ross.
- La production tournée/festival exigeante : La robustesse n’est pas au niveau. Un seul choc et c’est le show qui s’arrête. Privilégie du matériel rackable en format « road ».
- Le studio post-prod qui cherche un contrôleur : Ce n’est pas son rôle. Investis dans un panel de contrôle pour ta DAW ou un vrai mélangeur audio/vidéo réseau.
- Celui qui a besoin d’évolutivité : Tu es bloqué à 6 sources. Si ton projet grandit, tu devras tout revendre et changer de plateforme.
Checklist technique avant achat ou location
- Compte tes sources : 6 entrées HDMI + 2 HDBaseT, c’est tout. Si tu as plus de 6 caméras, c’est mort. Les HDBaseT partagent le même slot qu’une HDMI.
- Vérifie le format de tes sources : Il ne fait pas de cadencement (frame rate conversion). Toutes tes sources doivent être dans le même format (ex: 1080p50 ou 4K30).
- Prévois le budget convertisseurs : Compte 150-300€ par entrée SDI à convertir en HDMI (et il te faut des convertisseurs bi-directionnels de qualité).
- Teste la latence en conditions réelles : Branche une console à retour (type ATEM) et mesure le délai boucle fermée. Pour du direct avec retour caméraman, ça peut être limite.
- Protocole réseau audio : Il n’en a pas. Ton son doit arriver embarqué dans le HDMI ou via les entrées analogiques/mini-jack. Pas de Dante, AES67, MADI.
- Redondance PSU : Une seule prise secteur. En location corporate, prévois un onduleur (UPS) de qualité en amont.
- Poids/dimensions pour le fly-case : Il est petit, mais avec ses poignées et sa profondeur, prévois un case dédié. Ne le jette pas dans un case fourre-tout.
- Compatibilité stage box : Aucune. C’est un système fermé. Tu ne pourras pas le connecter à une S-Box de terrain pour étendre ses entrées.
- Nombre de bus/aux/matrix : Un seul bus programme (PGM) et un bus prévision (PST). Pas de sortie auxiliaire ou de matrice pour créer des sous-mix.
- Scene recall : 100 mémoires. Teste-les : sauvegarde un setup complexe (2 PIP, un titre), éteins-le, rallume. Vérifie que tout est bien revenu.
- Support constructeur : Roland a un bon SAV, mais les délais pour une carte mère peuvent être longs. Vérifie la disponibilité chez ton revendeur pro.
- Disponibilité pièces : Les connectiques HDMI sont soudées sur la carte mère. Une casse = réparation lourde. Avoir un unité de secours en location est sage.
- Contrôle externe : Le protocole de contrôle par IP est basique. Si tu veux l’intégrer à un système Crestron/QLab, vérifie la doc des commandes TCP/UDP.
- Streaming intégré : Il stream en RTMP. Vérifie la stabilité avec ta plateforme (YouTube, Twitch) sur un long run. Beaucoup préfèrent passer par un ordinateur dédié.
Erreurs fréquentes à éviter
- Négliger le gain staging vidéo : Ne pas régler les niveaux noirs et le contraste de chaque source en amont. Tu auras des images qui « clippent » ou qui sont boueuses, et tu ne pourras pas rattraper ça dans le mixer.
- Oublier le wordclock (genlock) : Si tu l’intègres dans un système plus gros avec d’autres switchers ou enregistreurs, sans genlock commun, tu auras des glitches et des rolls sur tes sorties.
- Sous-estimer le poids du câblage additionnel : Avec 4 convertisseurs SDI/HDMI, leurs alims et les faisceaux, tu te retrouves avec un nid de câbles instable. Fixe et marque tout.
- Ne pas tester le recall avant la première date : Fais une sauvegarde complète, remets les paramètres d’usine, recharge la sauvegarde. Tu découvriras peut-être que les réglages HDBaseT ne sont pas sauvegardés.
- Négliger la formation de l’équipe locale : En festival, si tu le confies à un vidéaste local, prends 30 minutes pour lui montrer. L’interface n’est pas standard, il risque de chercher le bouton « Cut » là où il n’est pas.
- Croire que « 4K » veut dire « 4K60 » : Il fait du 4K30 (ou 29.97). Pour du sport ou de l’action rapide, c’est peut-être insuffisant. Vérifie le besoin réel du client.
- Utiliser des câbles HDMI bas de gamme de plus de 5m : Tu auras des dropouts. Pour des longues distances, passe systématiquement par le HDBaseT avec des câbles CAT6/7 certifiés.

Test et avis de la Roland V-600UHD, une console de mixage vidéo haut de gamme pour le live et l’événementiel.
Le mot de l’expert
Le V-600UHD, c’est le couteau suisse honnête de la petite vidéo en direct. Il ne prétend pas être un Ferrari, il fait son job sans chichis pour un prix contenu. Sur le terrain, je le recommande sans hésiter pour les missions « simples mais en 4K » où le budget est serré et la robustesse extrême n’est pas critique. Par contre, dès que la production grossit ou que les enjeux sont élevés, son manque de connectiques pro et de redondance en fait un maillon faible. Location oui, achat si ton business model correspond à ses limites. Ne l’achetez pas en espérant qu’il deviendra autre chose.